JFK, le dernier jour – François Forestier

Impitoyable

JFK, le dernier jour« JFK s’est affaissé à gauche sur les genoux de sa femme. La moitié de son crâne manque, des bribes de cervelle ont été projetées en arc de cercle. La matière cervicale du trente cinquième président des Etats-Unis est répandue sur plusieurs mètres carrés, à Dallas, Texas ». C’était le 22 novembre 1963. Après le sang, c’est l’encre qui a coulé. Beaucoup. Néanmoins, cinquante ans après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, les zones d’ombre subsistent sur les circonstances de sa mort. Combien de balles, combien de tireurs, qui, pour qui ? Les points d’interrogation foisonnent. Les théories abondent. En 2017, de nouveaux éléments du dossier devraient être rendus publics. Peut être permettront-ils de connaître enfin la vérité…

En absence d’éléments nouveaux, « JFK, le dernier jour » n’est donc pas une énième théorie sur l’assassinat de Kennedy. Parmi celles disponibles en stock, François Forestier semble avoir choisi celle du crime mafieux. Soit. Comme son titre l’indique, ce livre n’est que « le récit de la dernière journée de John Fitzgerald Kennedy, de son arrivée à Dallas à son enterrement à Washington ». Un récit qui se présente comme un synopsis de film, avec un décor, Dallas, et des protagonistes, premiers rôles et silhouettes. Aucun ne réchappe à la plume caustique de François Forestier. Portraits ou anecdotes sont tous à charge. Un vrai jeu de massacre. « Tous les livres que j’ai écrits sont sur des personnages que je déteste. Je n’écris bien que sur les monstres» dit l’auteur. Et nous on se régale qu’à l’instar de Charlotte Corday, citée en exergue, il ait tant de haine en lui. Au fil des pages avalées avec boulimie, on est effrayé par tant de médiocrité, de cupidité, de malfaisance. « House of cards » avant l’heure.
Petit florilège :
Dallas : « C’est une cité de vent, d’assureurs, de banques et d’arrogance. (…) On dit que le business de Dallas, c’est le business. Faux : le business de Dallas, c’est la haine ».
JFK : « Brutal, rapide, égoïste, il se contente de prendre, mais ne donne rien.  Angie Dickinson, la belle interprète de Rio Bravo, confiera plus tard que son aventure avec le président a duré quarante secondes, présentation et politesses comprises. Les préliminaires ? Inutiles. Les baisers, oubliés ».
Jackie : « Elle a bien eu quelques aventures, de son côté, avec William Holden, l’acteur séduisant de Sabrina, excellent choix. Elle en aura une avec Robert McNamara, le secrétaire à la Défense, dont celui-ci ne se remettra jamais ».
Robert Kennedy: « Gagner, c’est ce qu’on lui a enseigné. Au ballon prisonnier, aux échecs, au tribunal ou au tir forain, il doit être vainqueur. Dents de lapin, mentalité de roquet, il mord ».
Rose Kennedy : « Selon ses proches, elle est « aussi émotive qu’ une barre à mine ». Son visage est laid, son âme aussi. (…) Elle mourra à cent quatre ans. Le venin conserve.»
Johnson : « Le petit Lyndon a donc été élevé dans la religion, la pauvreté et l’odeur du bourbon. Il en a conçu un certain dédain pour la première, un dégoût total pour la deuxième et un amour immodéré pour la troisième ».
etc, etc, …

François Forestier est un journaliste, critique de cinéma, tombé tout petit dans la Série noire. Autant de dispositions qui en font l’homme idéal pour nous raconter ces noirs destins. Comme l’écrit Léon Paul Fargue, un de ses maîtres en écriture: « Qu’il fait noir dans ce monde où l’on finit par se heurter à son propre corps ». MO

« JFK, le dernier jour » – François Forestier – Albin Michel

By | 2014-03-09T13:05:34+00:00 11 octobre 2013|Non classé|0 Comments

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