Le Jour de gloire – Danielle Thiéry

Mortelle imposture

Le jour de gloire.inddA la fin de « Crimes de Seine », le dernier épisode des enquêtes du commissaire Edwige Marion, nous l’avons laissé en bien mauvaise posture. Dans « le Jour de gloire », on la retrouve toujours alitée à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, récupérant doucement de la tentative d’assassinat dont elle a été l’objet. Pas de dégâts irréversibles, mais des handicaps classiques liés aux traumatismes crânio-cérébraux : perte de mémoire et … désinhibition ! Dans l’entourage d’Edwige Marion, personne ne sait qui est l’auteur de cette tentative d’assassinat. Mais le lecteur, lui, connait le coupable. Il sait que, des deux jumeaux Guerry, celui qui a été retrouvé mort à la fin de « Crimes de Seine », n’est pas Ambroise, le dangereux psychopathe, mais son jumeau, Amaury, dont Ambroise a substitué l’identité. Résultat, c’est Ambroise, dans la peau de son frère, l’adjoint du commissaire Marion, qui a pris les rênes de la Brigade des chemins de fer. Avec un objectif secret, éliminer définitivement Edwige Marion, avant qu’elle ne retrouve la mémoire et ne le dénonce. Mais c’est sans compter sur « le duo le plus soudé du service », les capitaines de police Valentine Cara et Luc Abadie, qui veillent sur leur chef comme sur leur propre mère. D’ailleurs, avec sa fille Nina, exilée à Londres, « Marion les avait toujours considérés comme sa seule famille ».
Mais pendant ce temps là, les affaires continuent. Les corps de deux adolescents disparus, sont retrouvés à quelques semaines d’intervalle. D’aspect physique similaire, leurs cadavres présentent une autre similitude, la façon dont ils ont été tués : « une exsanguination massive, pratiquée à partir d’une minuscule incision dans les carotides. » Quelques temps plus tard, c’est au tour d’un autre adolescent de disparaitre. Un adolescent qui présente « une ressemblance étrange » avec les deux garçons assassinés. Mais un adolescent avec une autre particularité: il est Adel, le fils du président de la République. Un président qui s’appelle Kinsky, qui est remarié avec une certaine Valéria avec laquelle il a eu une petite fille, Gina. Toute ressemblance…
L’hypothèse de la fugue adolescente écartée, il apparaît clair qu’Adel Kinsky a été enlevé. Mais pourquoi ? Le mystère est entier et les services de police sont sous pression maximale avec un Président de la République plus sanguin que jamais.

Comme toujours dans les polars écrits par des anciens policiers, on apprend beaucoup de choses sur le fonctionnement de la grande maison avec la lecture du roman de Danielle Thiéry. Ici, c’est le SPHP, le Service de Protection des Hautes Personnalités, qui tient la vedette.
« le Jour de gloire » s’inscrit dans cette tradition du thriller où le lecteur en sait plus que les personnages du roman et aimerait les avertir du danger, tels les enfants au théâtre de Guignol. On retrouve également dans « le Jour de gloire » les ingrédients qui font le succès du genre : la menace vitale qui plane sur un personnage sympathique et une bonne dose de psychologie pesant de tout son poids d’enfance sur le comportement du dangereux schizophrène. L’ensemble fonctionne. Mais il fonctionne encore mieux si on a lu le roman précédent, « Crimes de Seine ».

Danielle Thiéry a été une des premières femmes commissaire de police. Elle a fait une belle carrière au sein de la police ou dans les services de sécurité de grandes entreprises publiques ou semi-publiques. Depuis 2008 Danielle Thiéry est à la retraite. Elle peut se consacrer désormais entièrement à l’écriture, sa première passion. Tant mieux pour elle et pour les lecteurs – rappelons qu’elle a reçu le Prix du Quai des Orfèvres 2013 pour « Des clous dans le cœur » -. Dommage néanmoins qu’elle n’ait pas définitivement déposé sa casquette de commissaire et continue à manier, dans les interviews, la langue de bois des hauts fonctionnaires … MO

« Le Jour de gloire » – Danielle Thiéry – Rivages

By | 2013-12-01T12:53:23+00:00 13 juillet 2013|Non classé|0 Comments

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